De Kandinsky à Kapoor

 

Les chemins de l'abstraction. De Kandinsky à Kapoor

Collections du musée des beaux-arts de Nantes

                  

 

 

C'est habituellement de 1910 que les historiens d'art datent la première aquarelle abstraite de Vassily Kandinsky, qui inaugure plus d'un siècle d'interrogations et de querelles sur ce qu'est précisément l'abstraction. Au cours des années 1930, l'abstraction géométrique se développe en France en réaction à la révolution surréaliste  sous la bannière des groupes et revues Cercle et Carré (1930) et Abstraction-Création (1932). Après-guerre, cette tendance est poursuivie par un groupe d'artistes réunies au sein de la galerie Denise René. Cette abstraction « froide », désincarnée, qui évacue le style se heurte alors, dans la querelle des abstractions qui agite le milieu artistique parisien, à une abstraction « chaude », lyrique, qui au contraire met en avant le geste et l'intériorité de l'artiste. Au tournant des années 1960, les processus picturaux se radicalisent et se simplifient à l'extrême. La relecture du monochrome, degré zéro de la forme picturale, porte l'accent sur une œuvre aux effets tactiles qui entre en dialogue avec l'espace. Le système, incarné par la grille, est érigé en maître à penser, en règle d'un jeu aussitôt contredite, parfois non sans humour, par l'irruption de l'aléatoire.

 

L'exposition, qui regroupe une trentaine d'artistes présents dans les collections du musée des beaux-arts de Nantes, suit cette partition en trois mouvements qui commence avec les premiers développements de l'abstraction dans les années 1930, traverse l'acmé des débats théoriques d'après-guerre et se prolonge jusqu'à l'épreuve conceptuelle qui déplace et élargit l'horizon de la peinture abstraite à la fin du XXe siècle.

De la géométrie à l'informe, de l'image incarnée au retrait de l'artiste, du contrôle à l'accident, cette exposition qui revient sur les principes moteurs qui animent la naissance et le développement de l'abstraction interroge, chemin faisant, la nature même de la peinture, en revenant sur ses définitions, ses moyens et ses méthodes.

  

Exposition proposée en partenariat avec le musée des beaux-arts de Nantes.

 

Parution du Cahier de l'Abbaye Sainte-Croix n°127 à l'occasion de l'exposition.